Sijilmasa ou Sijilmassa ou Sidjilmassa était une ancienne ville importante du point vue commercial au Moyen-Âge, elle est située
près de Meknès dans la région de Tafilalet au Maroc. Actuellement, des ruines attestent son existence par le passé.
Avant «Tafilalt», c’était Sijilmassa. La zone actuelle de Rissani avait vu un jour de l’an 757-758 (140 Hégire) la
naissance d’une ville qui fera du Maroc, des siècles durant, le catalyseur du commerce médiéval africain et méditerranéen.
Sijilmassa, mot sujet à des spéculations nourries peut-être par le mystère de la ville elle-même, est d’origine berbère
qui signifierait le lieu qui domine de l’eau.
Sijilmassa-Tumbuctu est une histoire encore vivante. Tout le monde en parle et tous les touristes la ressent. Le
Paris-Dakar et autres rallyes rappellent aux gens les siècles de gloire d’un monde où Sijilmassa était le carrefour
incontournable, la mère des routes caravanières, la desserte et le péage des «autoroutes» commerciales, intellectuelles et
religieuses du monde médiéval (Maghreb, Afrique, Europe et Orient).
Histoire
Sijilmassa était une cité marchande, située au Maroc et où faisaient halte les grandes caravanes amenant du Bilad el
Sudan (Afrique noire) de la poudre d'or, de l'ivoire, des plumes d'autruche, des esclaves. Elle était un centre important
des Berbères zénètes. Fondée en 757, elle fut la capitale d'un émirat kharijite, sous la férule des Midrarides avant d'être
une pomme de discorde entre Zirides vassaux Fatimides d'Ifriqiya et des Maghraouides vassaux Omeyyades de Cordoue, du fait
de sa situation au débouché des pistes caravanières. Elle fut finalement conquise par les Almoravides vers 1055. Sa
situation commerciale continua d'être florissante jusqu'au XIVe siècle, et son ouverture sur l'ensemble du monde connu est
attestée par le voyageur Ibn Battûta qui affirme avoir rencontré des Sijilmassiens au cours de son périple en Chine.
Du temps de sa splendeur, Sijilmassa était composée d'environ 600 kasbahs qui formaient autant de quartiers. La kasbah
principale abritait le palais de l'émir, la grande mosquée, un atelier de frappe monétaire ainsi qu'un immense marché de
négociants, dont certains venaient d'aussi loin que l'égypte ou même de Bagdad. Les Midrarides (appelés aussi Ouassoulites)
adoptèrent longtemps le rite modéré du kharidjisme, le sofrisme. Ils menèrent une politique d'alliance avec l'autre
puissance kharijite du Maghreb, l'émirat Rostémides de Tiaret en Algérie. Mais au début du Xe siècle, on note un
assouplissement dans la pratique du sofrisme et l'émir midraride al Chakir Billah va jusqu'à reconnaître l'autorité
spirituelle du calife Abbassides. Cela vient aussi du fait que Sijilmassa était devenue une place de commerce de niveau
international, et cultivait ainsi une certaine forme de cosmopolitisme, attirant même le fondateur de la dynastie fatimide,
le chef chiite ‘Ubayd Allâh al-Mahdî qui fuyait les persécutions en Orient.
La ville fut prise par les Maghraouas au début de la conquête Zénète, elle est devenue une importante source de monnayeur
pour les Omeyades. Les Maghraoua toléraient les instruments de musique ainsi que les endroits de divertissement dans
lesquels on trouvait du vin.
Les Zirides prennent la ville, mais ils seront chassés par la suite par les Maghraoua.
à l'arrivée des Almoravides tout va être détruit. Les Maghraouas ainsi que les sénégalais non musulman vont être tués par
les Almoravides.
La ville fut rasée en 1818 par les tribus de la confédération Aït Atta.